Une nouvelle atlantide

La lettre de PLANETE XXI INTERNATIONAL

 « La lettre de PLANETE XXI INTERNATIONAL »

Lettre  ouverte : Aux décideurs politiques et économiques, à propos de la crise de la finance mondiale.

A début de leur existence les communautés humaines ont entamé une lente évolution pour accomplir leur destinée vers un but qui reste, encore aujourd'hui, à déterminer. Au commencement il ne leur fallait que vivre et finalement mourir dans un environnement plein de mystères. Il leur paraissait souvent hostile. Elles y trouvaient, à l'origine, une explication du Monde et de leur nature profonde éveillant un écho dans leur esprit et l'ébauche d'une quête vers l'acquisition d'une dimension spirituelle.

Souvent éloignées par de vastes espaces, leurs contacts et parfois leurs affrontements avaient des motifs simples, s'emparer de vivres, du feu, de femmes ou de captifs et, pour les plus pacifiques, échanger quelques biens dans le cadre d'un mécanisme simple, de gré à gré : LE TROC.

Au cours des siècles les parcours de ces communautés, la volonté de puissance de certaines d'entre elles, ont entraîné des rapports de plus en plus complexes. Ils ont  modifié profondément les termes et les méthodes des échanges entre les peuples.

Cette lente marche de l'accomplissement d'une HISTOIRE GLOBALE a vu apparaître des espaces revendiqués tour à tour par chacune des communautés au titre d'un droit du sol ou d'appétits prédateurs. Elle a vu émerger de nouvelles règles, de nouveaux codes de rapports entre les hommes et des systèmes de fonctionnement soumis régulièrement à des modifications, rarement pacifiques, en fonction de la nature humaine, de leurs propres limites et de leurs contradictions internes et trop souvent d'intérêts égoïstes et limités.

Le tremblement de terre qui secoue actuellement l'ensemble des places financières des nations privilégiées de notre planète suscite les commentaires avertis de nombreux experts qui, quel que soit le degré de leur science, semblent démunis  face à la folie qui paraît s'être emparée de la spirale de développement des logiques d'argent.

En fait c'est sans doute l'étape de transition de systèmes qui ont fait leur temps dans le cadre d'une mondialisation qui modifie profondément la perception que l'on peut avoir des communautés humaines de ce début de XXI° siècle et la nature même de leurs activités.

Face aux réalités, aux besoins et aux attentes de l'humanité de notre monde de l'aube du III° millénaire elle implique une réflexion globale pour la redéfinition d'une morale planétaire et la volonté de prendre des décisions fondamentales pour l'avenir des sociétés modernes, de leurs mécanismes de communication et de leurs activités d'échange.

Sans cette attitude, il serait vain d'espérer un futur de progrès, quelles que soient les méthodes choisies pour faire face à cette crise.

Depuis des décennies des philosophes, des penseurs, des experts se sont penchés sur l'évolution des sociétés modernes. Avec plus ou moins de talent, ils en ont analysé les fondements et les raisons d'attendre un avenir meilleur.

Ils ont défini et parfois établi des systèmes de sociétés fondés sur des conceptions d'idéaux qui devaient  immanquablement assurer le bonheur des hommes.

Le XXI° siècle nous offre la vision d'un monde en pleine effervescence et en prise à d'infinies contradictions. Les hommes qui y vivent n'ont jamais disposé d'autant de connaissances sur leur Histoire passée et de moyens matériels et techniques pour construire leur futur.  Malgré cela ils semblent impuissants et incapables d'agir pour répondre à l'une des exigences fondamentale de l'espèce humaine :

« Favoriser l'accomplissement harmonieux de ses potentialités, de sa destinée et l'accès à un niveau supérieur de civilisation. »

Souvent par le passé les hommes ont pallié à leurs incapacités dans ce domaine par ce qu'ils appelaient « Une bonne guerre ».

Les désastres et les atrocités qui accompagnaient ce choix créaient l'espace d'un moment l'illusion, la guerre finie, l'espoir d'une ère nouvelle : l'accès à « un nouvel âge d'or », période assurée d'une fraternité définitive entre toutes les nations du Monde pour les siècles qui suivraient.

Siècles après siècles ces moments d'illusion voyaient inexorablement leur terme et l'avènement du renouveau de cycles de tension et de promesses de nouvelles guerres.

Le temps aurait dû apporter une véritable sagesse aux hommes et la méthode pour rompre avec cette spirale sans fin.

L'Histoire nous apprend qu'il n'en a rien été !

Empires, royautés, républiques, dictatures, régimes fascistes, communistes et, aujourd'hui, démocraties ont eu successivement le but de modeler le Monde en fonction d'idées définitives de l'homme considéré, tour à tour, comme sujet, homme libre, serf, esclave, citoyen, camarade, électeur.....

Ces systèmes et leurs idées semblent, à l'évidence, n'avoir pas répondu à la question du philosophe : qui sommes nous, d'où venons nous, où allons nous et, encore moins, avoir assuré, définitivement, le bonheur de l'humanité si il doit exister un jour.

Aujourd'hui les nations industrialisées et privilégiées du Monde ont fondé leur évolution et celle des autres nations sur un système matérialiste de production et de consommation niant aux hommes leur dimension spirituelle, assorti des valeurs d'une démocratie où les exégètes de la révolution française de 1789  voient l'heureuse pérennité des principes de Liberté, d'Egalité et de Fraternité.

Ce mélange des genres, accompagné des exigences morales de religions destinées à élever spirituellement les hommes paraît faire preuve aujourd'hui de nombreuses limites et de contradictions internes évidentes.

Les sociétés qui ont adopté ce système réducteur de production et de consommation et s' y sont soumises, sont aujourd'hui fondées, avant tout, sur des logiques d'argent et de spéculations sans limites.

Elles ôtent au travail des hommes et aux souffrances de son accomplissement  sa dignité et la source de l'émergence possible de qualités et de valeurs humaines indispensables pour l'évolution de sociétés en espoir d'un devenir meilleur.

Elles deviennent des moyens de conditionnement, de manipulation, d'asservissement, d'abêtissement, d'exploitation, de déshumanisation des populations qui en dépendent. Elles réduisent les hommes aux seuls termes de producteurs et de consommateurs, de chiffres et de statistiques sans âme. Les valeurs démocratiques qui les fondent sont trop souvent élastiques face aux dictatures qui asservissent encore de larges pans de la population humaine. Quand aux religions elles suscitent parfois, hélas, les gestes terroristes d'intégrismes d'un autre âge.

La crise financière qui secoue les places boursières du Monde a peut être quelque chose de salutaire. Elle peut, enfin, provoquer une période d'autocritique forcée source d'une synthése novatrice pour un véritable progrès.

Il est un fait acquis que dans le Monde moderne, les places boursières ont une utilité indiscutable !

Elles sont nées vers le XVI° siècle au moment du déclin des grandes foires qui géraient les termes des échanges des productions du travail humain. Moment où il apparu aux grands argentiers, aux courtiers, aux banquiers de l'époque la nécessité d'inventer les règles, parfois initiatiques, d'un nouveau système d'échange, en harmonie avec les besoins et les réalités de l'époque.

Elles généraient, dans le cadre d'une spéculation raisonnable, les moyens financiers nécessaires qui assouplissent la rugosité et l'aspect parfois conflictuel du fonctionnement des économies des états. Elles donnaient à ceux qui les maîtrisaient l'opportunité d'une valeur ajoutée au travail des hommes dont ils pouvaient bénéficier soit pour leur seul profit, soit pour favoriser le développement d'économies nouvelles.

Avec le temps elles se sont dotées de mécanismes subtils. Elles se sont intéressées à tous les champs des activités humaines : les échanges de monnaies, les prêts d'argent, la possession de biens immobiliers et le commerce des produits du travail des hommes.

Elles ont souvent été prises dans les tempêtes et les crises nées des affrontements des hommes ou des aléas des mécanismes de leur environnement. Elles en ont profité pour créer de nouveaux schémas de spéculation, liés aux conséquences positives ou négatives d'une Histoire au parcours chaotique.

Aujourd'hui, elles ont une dimension et une influence planétaire. Au cœur du seul système matérialiste de production et de consommation sur lequel s'appuie leur fonctionnement, le clash des « subprimes » a été la premiére étape de la mise en évidence de mécanismes pervers qu'ont suscité leurs serviteurs et leurs exploitants, souvent fondés sur des logiques mathématiques accessibles aux seuls initiés : spéculations hasardeuses à terme, surévaluation artificielle de biens immobiliers en fonction de futurs radieux, rachats par paliers successifs de crédits et de garanties, valorisation futuristes sur les ressources naturelles et les produits du travail des hommes, sur les actions des sociétés et leur avenir, Roll Program...., transformations d'indices économiques en produits financiers spéculatifs, transactions aléatoires et hasardeuses sur les changes de l'argent réel.........

Elles ont créé mathématiquement et artificiellement la bulle virtuelle d'une économie et d'échanges qui n'ont plus rien à voir avec les réalités fondamentales des activités humaines.

L'action prédatrice de cette économie virtuelle au sein d'un espace artificiel fait d'argent ou de marchandises « papier », d'indices moteurs de spéculations sans fin, n'a désormais plus qu'une seule morale : la multiplication des logiques d'argent et de leurs perspectives de profits fabuleux, au seul avantage d'une minorité de nantis initiés exploitant le reste de l'humanité.

Les sociétés privilégiés des nations industrielles, dans le cadre de l'univers boursier de la finance internationale, ont vu l'émergence d'une minorité toute puissante, un monde d'experts financiers remarquablement intelligents, percevant toutes les facettes d'exploitation des réalités de l'économie mondiale, bien décidés à les utiliser à leurs seuls profits dans des espaces sociaux où la seule possession de l'argent confère l'image de qualités humaines et d'une réussite personnelle indéniable.

Les limites des systèmes sur lesquels ils agissaient et leur chute étaient pourtant annoncées et prévisibles du fait du caractère artificiel de leur construction. Leur maîtrise suscitait parfois l'ivresse de certains de leurs serviteurs mettant en évidence la fragilité des systèmes et des hommes.

Les stars de cet espace d'activité, les « Golden Boys » encensés hier par les média people comme modèles de réussite humaine, sont aujourd'hui critiqués, condamnés, bon à jeter au pilori.

Pourquoi les condamner et leur en vouloir ?

Ils n'ont rien fait d'autre que d'obéir à ces principes réducteurs d'un monde matérialiste de production et de consommation où l'homme possesseur d'une dimension spirituelle n'existe pas, où le matérialisme le plus bas est la seule règle, où l'ascèse qui le mène vers un degré supérieur de civilisation n'existe plus.

Hier Moïse, descendait du Mont Sinaï avec les tables des lois destinées à offrir aux Hébreux, sur la révélation d'un Dieu tout puissant, les règles d'une haute spiritualité assurant l'accès aux conceptions morales et religieuses d'une humanité et d'une civilisation supérieure.

Outragé par l'érection et l'adoration du veau d'or, retour à une animalité primitive, il les brisait jugeant son peuple indigne de les recevoir.

Quelques millénaires plus tard, l'Histoire se répète sans doute face aux temples modernes d'un Monde qui n'adore plus qu'une seule déité : L'ARGENT.

Il reste que la crise qui frappe de plein fouet les espaces aseptisés et confortables où est servi ce nouveau MOLOCH et met en péril, désormais, l'espace réel de l'économie mondiale et la vie quotidienne des populations de l'ensemble des nations,  offre cependant une opportunité  unique d'agir pour le bien de l'espèce humaine.

Le monde de l'économie réelle n'est pas touché. Il sera peut être affaibli par la crise de l'économie virtuelle mais quel que soit le degré de ses faiblesses il a la possibilité de se rétablir si il existe une volonté politique qui aille dans ce sens.

Les hommes ont toujours le choix de créer leur propre malheur ou les fondements de leur bonheur futur. Leur assurer ce choix est l'une des responsabilités majeures de ceux qui prétendent les diriger !

L'Histoire de ces cinq derniers siècles, vécue en bien et en mal,  a permis à l'espèce humaine de découvrir, sa globalité, les multiples facettes de sa réalité et la merveilleuse diversité de l'expression multiforme de son génie.

Dans le contexte médiatique d'une communication instantanée dont les réseaux couvrent aujourd'hui toute la planète terre, vecteur d'une mondialisation inévitable, cette Histoire fait appel, aujourd'hui, à l'intelligence des hommes pour qu'ils répondent enfin à une démarche impérative :

« La mise en œuvre des règles et des principes d'un humanisme moderne respectant jusqu'à la plus humble des manifestations de l'expression de ce génie ».

Une fois de plus l'Histoire, sur fond d'économie virtuelle décadente, en conflits d'intérêts permanents, source d'appétits prédateurs sans limite,  nous offre l'opportunité d'une démarche de civilisation et la possibilité de faire abstraction « d'une bonne guerre ou d'une catastrophe planétaire » qui pourraient voir disparaître l'espèce humaine toute entière ou en altérer l'évolution positive pour de nombreuses décennies.

Il nous appartient de vouloir saisir cette chance. Les décideurs politiques et économiques  de l'ensemble des nations peuvent et doivent agir dans ce sens.

Dans cet esprit l'équipe africaine et européenne de PLANETE XXI INTERNATIONAL propose depuis longtemps une démarche précise.

A partir du bilan de ses actions entre le NORD et le SUD, loin des ors des espaces luxueux des places boursières des nations privilégiées du Monde, elle a accepté le constat de la globalité de l'espèce humaine.

Elle a accepté les exigences humanistes du respect de chacune de ses composantes.

Pour agir dans cette voie elle a fait le choix d'un concept partenarial original comme système de relations entre les hommes et comme règle fondamentale de la gestion et du partage harmonieux de l'ensemble des ressources naturelles de son environnement.

Elle sait qu'actuellement il existe une injustice fondamentale dans un monde qui se dit civilisé : l'exclusion de pans entiers de l'humanité de l'accès le plus élémentaire au partage justifié et harmonieux des fruits d'une exploitation des  ressources naturelles de leur sphère de vie, respectant les équilibres fragiles d'un  environnement global, dans le cadre d'une sécurité de vie indispensable.

Elle constate la crise actuelle. Elle dit que sa solution ne peut être le fait des réflexions et des décisions d'un quelconque G4, G7, G11, G20, autoritaire et prédateur.... Elle doit être celui du concert de l'ensemble des nations du Monde, au sein d'une organisation comme l'ONU, fondant enfin les exigences supérieures d'une morale d'une économie réelle au service de tous, la disparition des abus de l'économie virtuelle et, sans doute, la chance de l'Humanité d'échapper aux piéges de son autodestruction.

Il appartient aux peuples d'exprimer leur volonté pour qu'il en soit ainsi !

Il leur reste un espoir. Il y a quelque part des étincelles d'humanité qui se manifestent lorsque des acteurs de l'économie réelle ou de l'économie virtuelle, comme Bill GATES ou Georges SOROS, consacrent de leur propre initiative une part importante des fortunes qu'ils ont acquises pour s'associer à la volonté de soulager les misères du Monde.

C'est le message qu'il convient sans doute, aujourd'hui, de faire passer à tous les décideurs politiques et économiques de notre terre. Comme il l'a souvent été proclamé à DAVOS, l'un des hauts  lieux de la recherche de principes d'action pour les sociétés de demain :

               « Les temps du partage sont venus, sans autre forme de violence... ! ».

C'est, sans doute, le moment historique de l'éclosion d'un humanisme partenarial novateur entre les nations.

Ce qui peut être fait pour les places boursières du NORD pour réparer les effets néfastes des errements de leurs structures de fonctionnement doit être fait pour les nations du SUD en quête de leur juste part de prospérité. C'est dans cette démarche partenariale que se situent les solutions de progrès pour le futur du Monde.

C'est l'opportunité pour une civilisation digne de ce nom de prendre enfin le temps de la réflexion pour  la définition d'une nouvelle morale et d'un nouvel ordre économique mondial où les populations des états d'un SUD, sous développé et souvent lésé dans ses droits élémentaires, en attente de sa part de prospérité et de sécurité, auront enfin accès au juste fruit de l'exploitation des richesses potentielles du sol qui les voit vivre et doit assurer leur subsistance.

                                                   

                                                     Jean Denis RAINGEARD de la BLETIERE

 

PLANETE XXI INTERNATIONAL

B.P. 1125

44210 PORNIC - FRANCE

Email : planete21@tiscali.fr


Télécharger la lettre au format PDF

http://www.youtube.com/user/jdrai42



24/10/2008
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